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Qu'est-ce ?

 Ce blog a pour but de promouvoir la philotropie à une échelle mondiale. Qu'est-ce que la philotropie ? C'est une alternative à la philosophie qui inclut dans son domaine de recherche les apports encore mésestimés de nouveaux penseurs tel que Florent Pagny ou David et Jonathan.

Les Nouveautés

13 juin 2005 1 13 /06 /juin /2005 00:00

En France il y a deux catégories de chansons : les chansons à textes et les chansons tout court. Pourtant, l’auditeur attentif aura remarqué que TOUTES les chansons possèdent un texte (sinon on appelle ça un instrumental, comme dans Richard Clayderman). Alors comment s’y retrouver ? Comment distinguer la première de la seconde catégorie ?

Prenons un exemple très simple. Voici le refrain de la chanson « les rois mages » interprétée par Sheila :

 

Comme les Rois Mages en Galilée
Suivaient des yeux l'étoile du Berger
Je te suivrais, où tu iras j'irais
Fidèle comme une ombre jusqu'à destination

 

Bien que certaines informations ne soient pas dénuées de tout intérêt, notamment en ce qui concerne le mode d’orientation des rois mages en Galilée, il apparaît très vite que cette chanson appartient à la seconde catégorie : thème de la femme soumise traité sans aucune distanciation, absence totale de sens profond, pas de critique au vitriol de la société. Une sorte de néant sans conséquence dont la seule fonction est de donner chair à la mélodie. Somme toute, Sheila aurait très bien pu chanter les conseils diététiques inscrit sur une boîte de Corn Flakes, l’auditeur lambda n’y aurait vu que du feu.

Sheila et Ringo au temps du bonheur, juste avant qu'elle ne lui fasse part de son projet d'annulation

 

Prenons un second exemple, puisé dans le répertoire de la même Sheila, décidemment riche en chanson tout court.

 

Laisse les gondoles à Venise
Le printemps sur la Tamise
On ouvre pas les valises
On est si bien
Laisse au loin les Pyramides
Le soleil de la Floride
Mets nous un peu de musique
Et prends ma main.

 

Contrairement à l’exemple précédent, il y a dans ce texte un message. Pour autant, la présence d’un message suffit-il à caractériser la chanson à texte ? Ce n’est pas aussi simple.

 En substance, que dit Sheila (à son compagnon du moment, Ringo, un grand brun ténébreux) : Laissons tomber notre séjour au club med de Venise qui nous a coûté les yeux de la tête. Face au légitime rictus d’incompréhension stupide qu’on imagine se former sur le beau visage de Ringo, la chanteuse poursuit, un brun euphorique, en lui proposant de poser un 45 tours sur le pick up et de lui prendre la main. Notons au passage que la chanteuse, sans doute très émue, perd les quelques notions de géographie qu’elle avait péniblement accumulé sur les marché de Levallois en vendant des bonbons, et situe Venise à un jet de pierre des pyramides d’Egypte, baignées de surcroît par le soleil cuisant de la Floride. On imagine aisément la réaction de Ringo (qui est un homme intelligent) face à tant d’ineptie.

 

Ces deux exemples suffiront à définir la chanson tout court. Mais quid de la chanson à texte ? La chanson à texte est tout ce que sa voisine n’est pas : intelligente, élégante, pleine de sens, de sous-entendus, de grâce, de beauté et de poésie. Mais ça ne suffit pas : elle véhicule également un message fort. Par exemple : la société est pourrie (Damien Saez) ou bien : l’amour est sans issue et par conséquent pourri (Damien Saez). Ou alors : la misère c’est mal (Bernard Lavilliers, Mano Solo) Evidement, les choses ne sont pas exprimées avec autant de brutalité, mais au travers d’image fines, de métaphores flamboyantes. Nous avons affaire à de la poésie, de la vraie.

Le cas Vincent Delerm est un peu à part. Aucun auditeur sensé ne s’aventurera à la ranger dans la catégorie des chanteurs frivoles. Pourtant, si on lit ses textes en les débarrassant de tous les noms propres qui les parsèment, il reste en général deux ou trois lignes qui suffisent à elles seules à plonger le lecteur dans un état proche de la stupeur. Mais Vincent est un malin : connaissant ses limites, il a tout misé sur l’apparence : rasage au coupe choux, pull informe ou chemise déboutonnées qui laissent  à penser que les vanités de ce monde lui sont étrangères. Sourire sous la torture uniquement : tout à sa problématique, Vincent n’a pas de temps à consacrer à la rigolade. Et pour finir, voix chevrotante d’adolescent en mue : Vincent ne donne pas dans le joli, l’aimable, Vincent est un véritable poète, il faut le mériter.

Et force est de constater qu’il faut du mérite pour écouter dans son intégralité un de ses deux albums.

Vincent devise gaiement avec son ami le photomaton

 

Pour finir, un petit jeu. Sauras-tu comprendre ce texte un fois débarrassé de ses noms propres ?

 

Celles qui ont vu trois fois …
Celles qui ont pleuré …
Celles qui faisaient des exposés
Sur … et sur …
Celles qui ont envoyé du riz
En …, en …
Celles qui disaient "tu comprends pas"

Les filles de 1973 ont trente ans lalalala
Les filles de 1973 ont trente ans lalalala

Celles qui mettaient des…
Et des t-shirts …
Celles qui ont porté les baskets
… de …
Celles qui fabriquaient des bracelets
Brésiliens pendant l'heure d'anglais
Celles qui disaient "…"

Les filles de 1973 ont trente ans lalalala
Les filles de 1973 ont trente ans lalalala

Celles qui pratiquaient des suçons
Dans le cou de …
Celles qui fusillaient au …
Les tables du Lycée …
Celles qui disaient "Madame, c'est vrai
On n'a rien compris au sujet"
Celles qui s'appelaient
……………………………………………………….

Les filles de 1973 ont trente ans lalalala
Les filles de 1973 ont trente ans lalalala
Celles qui ont vu trois fois…
Celles qui ont pleuré…

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Published by Grédisset - dans philotropie
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17 mars 2005 4 17 /03 /mars /2005 00:00

Avec une économie de moyen exemplaire, ce petit dessin animé expose en quelques dizaines de secondes une théorie super sur la vie mais qui reste cependant difficile à expliquer.

 

 

 

 

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Published by Philippe Grédisset - dans Loisirs et distraction
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4 février 2005 5 04 /02 /février /2005 00:00

Nous avons découvert cette image en tapant le mot "philosophie" dans le moteur de recherche "google". Devant tant de beauté il nous a été difficile de contenir une sorte de râle d'extase et nous avons immédiatement souhaité en faire profiter le philotrope internaute afin qu'à son tour il puisse profiter d'un tel choc esthétique (et pousser lui aussi son râle d'extase qui, si tout se déroule correctement, devrait ressembler à ceci: "ouuuuuuuuuuuuuuuuuhhhhhhhh!")

Analyse de l'image
Trois personne, deux mâles, une femelle.

Mâle A:
 Plutôt jeune, affublé d'une barbichette "tendance" tandis qu'une petite mèche rebelle balaie son large front d'incorrigible winner. L'oeil rivé sur ce que l'on suppose un écran, la main crispée sur une souris au bord de l'asphixie : pas de doute, nous sommes bien en présence du proverbial "jeune cadre dynamique", force vive de la nation. 
Position debout, largement penché vers l'avant : c'est le signe d'un vif intérêt en même temps que d'une grande impatience : pas le temps de s'asseoir, il est nécessaire d'aller de l'avant.
Détails supplémentaires: il porte une chemise de couleurs pastel, une cravate jaune assortie, d'un ton plus vif : cet homme, malgré les contraintes du code vestimentaire propre aux grandes entreprises, sait se démarquer en affichant avec ostantation l'éclatante vivacité de sa jeunesse.
Une étude plus poussée révèle une alliance en or glissée au majeur de sa main droite: notre homme est respectueux des institutions : marié, peut-être déjà père, il a pris tout naturellement comme seconde épouse l'entreprise qui l'embauche.

Mâle B
Le cheveux grisonnant, le costume sombre, la cravate discrète et de bon goût: c'est le cadre supérieurdans toute son imposante sagesse. Il est assis, les mains croisées et regarde son jeune collègue travailler avec intérêt et étonnement, traduis par un soulèvement intempestif des sourcils. Que se dit-il à ce moment précis? Les suppositions fourmilent:
- Pourquoi s'emmerde t-il autant avec cette connerie?
- S'il savait à quel point je m'en tape...
- Faut que j'ai ce petit con à l'oeil. Un moment d'inattention et il est capable de me piquer ma place...
- Tu peux me raconter ce que tu veux, petit con, ici c'est moi qui décide!

Femelle C
Les cheveux courts et peignés, mise avec coqueterie, c'est le seul personnage à afficher un air satisfait alors que sa position sensiblement excentrée n'apparait guère enviable et surtout peu valorisante. Alors pourquoi est-elle contente? Peut-être tout simplement d'être là, à ce moment précis et de partager (ou tout du moins de récupérer les miettes de) ce moment de complicité entre le mâle A et B.
D'autres explications sont cependant envisageables:
-Elle est la maîtresse de B. Déçue par l'attention trop grande qu'il porte à l'écran, elle décide de se venger et lui pince discrétement la zigounette de sa main droite dissimulée. Ce qui expliquerait l'air étonné de B.
- Les troix compères sont occupés à compulser un site porno et B vient de s'exclamer: "Tiens! On dirait C!" A, lui, ne rit pas car il vient de reconnaître sa femme coincée entre deux hommes nus dans une position que la morale réprouve.

La légende: "Competence Experience and Creativity"
(Je traduis pour les non anglophiles : compétence, expérience et créativité).
A la lecture de ces trois mots, on comprend que l'interprétation ci-dessus ets définitivement nulle et non avenue.
Les clés sont, en fait, simples (spécial dédicace à Madame Bénchémoul qui a bien voulu me les expliquer):
A= Compétence
B= Expérience
C= Créativité

Regardez bien l'image à la lueur de ces nouvelles lumières:tout est enfin clair.
Dans lemonde de l'entreprise, un jeune barbichu est forcément compétent, tandis que l'homme grisonnant en costume sombre dispose nécessairement d'une grande expérience. Et dans le monde de l'entreprise, la femme, à défaut d'être compétente et expérimenté, est forcément créative! CQFD

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Published by Philippe Grédisset - dans art de vivre
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3 février 2005 4 03 /02 /février /2005 00:00

 

Martin Zimmerfrei au temps de sa spendeur

Martin Zimmerfrei est née en 1969, à Berlin-est. C'est dans cette petite ville insouciante et joyeuse qu'il passe les premières années de sa vie, entouré de l'amour de sa mère, secrétaire à la stasi, et de son père, vaillant Kapo au regard bleu acier qui n'a pas son pareil pour dégommer un contrevenant à 100 mètres. La vie quotidienne est rythmée par de nombreux débats d'idée qui contribuent à former le jeune Zimmerfrei dans une ambiance de saine émulation intellectuelle : "Peut-on raisonnablement espérer que le prix de la baguette n'augmente pas de 400% dans le mois à  venir?" ou "Staline était-il vraiment un chic type ?" ou "Pourquoi ma soeur, son mari et ses trois enfants ne donnent-ils plus de nouvelles depuis trois ans ?".
En 1989, c'est le choc: le mur tombe et Martin ébahi découvre qu'il y a quelque chose derrière : essentiellement des bars et des Mac Donald. Pour lui, c'est la révélation (surtout le Mac Chicken). Autre révélation: il est nécessaire d'avoir de l'argent car le gérant du Macdo refuse obstinément de faire crédit.
Face à ce qu'il considére comme une injustice, Martin décide d'agir. D'abord, il se fait pousser les cheveux. Ensuite il déclare publiquement qu'il va voler les riches pour donner aux pauvres. Par chance, il connaît personnellement un pauvre: lui. Il décide donc de s'octroyer la totalité des bénéfices provenant de ses larçins. En revanche, il ne connaît aucun riche, et c'est un peu au hasard qu'il braque petites vielles à cabat et petits vieux à casquettes, pour un total de 15 marks 95.
Fin 90, il est arrêté par la police et jeté en prison. En signe de contestation, il se coupe les cheveux, mais juste ceux au dessus des oreilles.
Du fond de sa geôle, il décide d'entreprendre un doctorat de philosophie. Le gardien Karl Maurig qui l'a tenté, sans succès, l'année précédente, lui conseille de suivre quelques cours de mise à niveau (A cette époque, Martin est persuadé que Schoppenhauer est une marque de bière). Les deux hommes se lient d'amitié, et pour son 22ième anniversaire, Karl offre à Martin un apfelstrudel avec une scie à métaux cachée à l'intérieur. Martin se casse trois incisives, les deux hommes se brouillent. Privé de compagnie, Martin se met à l'écriture. Dans un état proche de la transe, il rédige en une seule nuit une thèse de 250 pages sur "Staline précurseur de l'écologie ou le recyclement des déchets en Union Soviétique".
Au petit matin, malheureusement pris d'hallucination, il confond la fenêtre de sa cellule avec la fente d'une boîte aux lettres. Une vieille femme reçoit le manuscrit sur la tête et meurt. Martin en reprend pour 10 ans, et c'est finalement en 2004 qu'il retrouvera le chemin de la liberté grâce à une remise de peine de 6 mois pour bonne conduite.


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Published by Philippe Grédisset - dans philotropie
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28 décembre 2004 2 28 /12 /décembre /2004 00:00

Il est de bon ton, dans les milieux autorisés de la pensée contemporaine, de faire des gorges chaudes de Patrick Bruel. Chacun est convaincu, avec la vaniteuse arrogance qui caractérise ce petit aréopage mondain, que ce bellâtre touche à tout est un philosophe à la pensée originale et novatrice. La réalité est beaucoup moins reluisante.

En novembre 1980, Patrick Bruel (qui s’appelle encore Patrick Benguigui) se rend pour une raison qui nous échappe encore dans la Creuse, plus précisément à Bourganeuf, petite ville située non loin d’Aubusson. Nous sommes samedi soir et Patrick, après avoir poussé la porte des trois estaminets qui parsèment la ville, hère comme une âme en peine. Il avise alors une affiche placardée sur un pauvre mur de torchis : « Ce soir grand bal, avec Jacky Bruel et son accordéon ». Son sang ne fait qu’un tour. Après un copieux repas avalé à l’auberge des voyageurs, notre homme se dirige vers la place du village, là même où la disco-mobile est installée pour une de ces soirées de folie et de bonne humeur qui égaye des ses strass le morne quotidien bourganeuvien

 Une fois la main affublée d’un odieux tampon dégoulinant d’encre grasse, Patrick pénètre dans le  modeste chapiteau. Et là, c’est la révélation : sur la scène, au milieu des fumées de mauvais tabac, se dresse un être inouï, « larger than life » comme disent les américains. Tapant du pied comme un beau diable, ce matador de la scène entraîne la foule en liesse dans une folle sarabande tandis que les banderilles célestes de son accordéon magique strient les cœurs des jeunes filles, dégoupillent les braguettes des jeunes garçons… Cet homme, c’est Jacky Bruel.

Patrick, tapis dans l’ombre, n’en perd pas une miette. Mieux, il note fébrilement sur un petit calepin de moleskine tous les petits trucs de scène du maître :  paume vers le haut, bras tendu qui balaye l’assistance, sourire asymétrique, sourcils en accent circonflexe : bref, tout ce qui, des années plus tard,  constituera la base de la soi-disant « personnalité » de celui qui se fera appeler « Patrick Bruel ».

Mais si le pillage s’arrêtait à la gestuelle, ce ne serait qu’un moindre mal. Après tout, Bernard Henri Lévy a bien tout piqué à Yves Montand sans que cela ne choque personne.

 

Avec un tel numéro de téléphone, normal que les contrats tardent à tomber.

 

Un exemple parlera mieux que mille démonstrations…

Voici le refrain d’une chanson signée Jacky Bruel :

 

On s’était dit rendez-vous au bistrot

Même jour, même heure, même poivrots

On verra bien qui c’est qui tiendra debout

Avec dix pastagas dans les genoux

 

Et maintenant le refrain de « Place des grands hommes »

 

On s'était dit rendez-vous dans 10 ans
Même jour, même heure, même pommes
On verra quand on aura 30 ans
Sur les marches de la place des grands hommes

 

Autre exemple, encore plus flagrant :

 

Paroles de Jacky Bruel :

Si, ce soir, j'ai pas envie d' rentrer tout seul,
Si, ce soir, j'ai pas envie d' rentrer chez moi,
Si, ce soir, j'ai pas envie d' fermer ma gueule,
Si, ce soir, j'ai envie d' me garnir le cornet

Allez la patronne, encore un godet !

 

Paroles de l’usurpateur :

Si, ce soir, j'ai pas envie d' rentrer tout seul,
Si, ce soir, j'ai pas envie d' rentrer chez moi,
Si, ce soir, j'ai pas envie d' fermer ma gueule,
Si, ce soir, j'ai envie d' me casser la voix,
Casser la voix, Casser la voix,
Casser la voix, Casser la voix.

 

On notera au passage l’appauvrissement subit par les textes afin de les rendre plus « présentables », quitte à en dénaturer le sens.

 

Mais grâce à ce blog, la vérité est enfin en marche. Un jour, à n’en pas douter, elle finira bien par triompher.
Vous qui lisez ces lignes, faites passer le message : il n’y a et il n’y aura jamais qu’un Bruel : Jacky !

 

 

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21 décembre 2004 2 21 /12 /décembre /2004 00:00

Je suis au comble du désespoir: aucune réponse de Monsieur Demon. Dois-je faire le deuil de la dame au maillot de bain pour assurer la promotion de la philotropie ? Dois-je me rabattre sur une autre solution ? Par exemple, mettre une photo de moi nu dans une posture suggestive?  Ce genre de procédé me révulse je dois l'avouer. Car si l'ont peut supposer que la pensée philotropique y trouve son compte, comment savoir si les bénéfices retirés ne seront pas imputables à l'attraction sulfureuse de la dite photo ?
Dans un accès de faiblesse, je me suis confié à Madame Benchémoul. Elle m'a répondu avec des yeux exhorbités qu'elle trouvait l'idée "intéressante". Puis elle m'a posé la main sur le genou en guise de réconfort. Pris d'un soudain malaise, j'ai dû prendre congé.
Je suis actuellement assis dans mon petit bureau, à me demander qui, sur cette terre, serait à même de me venir en aide...
Si seulement Florent Pagny connaissait l'existence de mon blog...

Voici, pour les lecteurs qui m'en on fait la demande, une photo de Madame Benchémoul, prise à la dernière garden party de l'Elysée.

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Published by Philippe Grédisset - dans Le journal du philotrope
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13 décembre 2004 1 13 /12 /décembre /2004 00:00

J'ai été dans l'impossibilité de mettre mon compte rendu en ligne hier. En effet, j'ai préféré dormir toute la journée afin d'être en totale possession de mes moyens pour le film coquin du dimanche soir sur M6 (j'ai d'ailleurs été un peu déçu, les situations manquaient par trop de réalisme).
Marcellin (c'est le nom du beau frère de Madame Benchémoul) a accueilli ma demande d'aide avec une fierté non dissimulée. Je lui ai exposé les tenants et les aboutissants de mon affaire, il a très bien compris ce que j'attendais de lui et nous nous sommes aussitôt mis au travail dans une ambiance fébrile, il est vrai entretenue par l'absorption régulière de Guignolet Kirsch.

Voici le mail que nous avons envoyé à l'agent de la dame en maillot de bain rouge:

Hi fuckin son of a bitch,

I'm the fuckin webmaster of the french blog "Philotropie" who's talking of fucking philosophy. And I want your fuckin bitch working for me, you see? Because I want to be fuckin famous all around the world, yeah! So send me a fuckin mail, old dirty fuckin bastard and we will make a fucking deal together, allright?
Come on don't say no, I'm fellin getting nervous, fuck off.
See you later, keep in touch.

Philippe Grédisset

M'interrogeant sur la présence un peu envahissante de l'occurence "fuck", Marcellin a tenu à me rassurer: les américains s'expriment comme ça.  Je lui fait parfaitement confiance, il a l'air de connaître son affaire.

J'attends à présent avec impatience la réponse de monsieur Demon.

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13 décembre 2004 1 13 /12 /décembre /2004 00:00

 

David et Jonathan au temps de leur splendeur: un look décontracté qui n'oblitère en rien le sérieux et la réfléxion.

 

Le petit monde de la philosophie est régi par un ensemble de règles strictes auxquelles il est de bon ton d'adhèrer. Par exemple: la pensée d'un philosophe ne doit résulter que de l'activité d'un seul cerveau: la solitude est le lot du penseur.
On comprend pourquoi l'arrivée de David et Jonathan sur la scène médiatique a provoqué un tel électrochoc: non content d'être jeunes, beaux et talentueux, ils étaient aussi deux. Leur pensée s'est ainsi construite à une rapidité sidérante: lorsque David argumentait, Jonathan contre argumentait, les idées novatrices pleuvaient en cascades et un dictaphone n'était pas de trop pour recueillir un tel feu d'artifice créatif.  Cette extraordinaire confrontation de ces deux personnalités hors du commun a produit, tel les deux silex que l'on frotte, les étincelles d'une pensée novatrice dont les lueurs éclairent et guident encore, bien qu'ils s'en défendent, les grands esprits de notre époque (Bernard Henri Lévy, Arlette Chabot et, à l'évidence, Florent Pagny).
Ce bouillonnement d'idées est perceptible dès leur premier 45 tours, "Bella vista"; qui sort en 1987. Le ton est donné: loin de toute pensée nihiliste qui restreint trop souvent le champ de la réfléxion, David et Jonathan prônent un édonisme sans faille gorgés des rayons langoureux d'une Italie idyllique où les pizzas sont toujours copieuses et le chianti all dente.
Leur message remportent très vite l'adhésion d'une France avide de réfléxion intelligente et de joie de vivre. Fort de leur succès, ils enchaînent dès 1988 avec "Gina". Cependant dans le concert de louange certaines petites voix discordantes se font entendre: on les accusent à demi mots de "se répéter", voire de "tirer sur la ficelle d'une formule facile". Mais David et Jonathan s'en moquent: ils ont une oeuvre à construire, et quelques jaloux mal intentionnés n'arriveront pas à les détourner de leur tâche. 
1989 sera l'année du triomphe absolu en même temps qu'une réponse cinglante aux détracteurs de tous poils avec ce qui reste leur chef d'oeuvre absolu mais aussii, hélas, leur testament: "Est-ce que tu viens pour les vacances?"

T'avais les cheveux blonds
Un crocodile sur ton blouson
On s'est connu comme ça
Au soleil, au même endroit

En deux vers admirablement troussés, les deux penseurs nous dépeignent avec une économie de moyen remarquable leur idéal féminin. Usant de l'ellipse avec un talent qui leur est propre, David et Jonathan nous laisse à penser qu'il n'existe pas plus belle fille que celle qui porte négligement posé sur l'épaule un crocodile de 5 métres de long. Il s'agit de ne pas tomber dans le piège: on parle bien ici du petit reptile cousu à même le tissu d'une marque bien connue et qui sert en quelque sorte de signe de ralliement aux personnes ayant un idéal commun de luxe et de beauté.
Les deux derniers vers exposent avec éclat une vérité trop souvent passée sous silence (et source de nombreuses mésententes): pour faire connaissance, d'un point de vue visuel et ultérieurement charnel, il faut impérativement être au même endroit (et accessoirement au soleil, comme ça on voit mieux à qui on a à faire).

T'avais des yeux d'enfant
Des yeux couleur de l'océan
Moi pour faire le malin
Je chantais en italien

Il a été prouvé statistiquement ( séminaire de Boston - 1978 - communication de Whales et Hoggart) que les yeux d'enfants sont à 78,09 %, couleur d'océan. Nos deux amis ne pouvait pas ignorer cette avancée décisive de la recherche. Mais on constate surtout avec quelle humilité il glisse subrepticement l'information dans leur texte. L'observateur sérieux ne s'y trompe pas : sous ces allures faussement frivoles, c'est la marque des grands penseurs qui transparaît avec éclat.
Lorsque l'on connaît leur parfaite maîtrise de l'italien, on ne peut s'empêcher d'esquiiser un sourire à la lecture des deux derniers vers : David et Jonathan n'on rien à apprendre d'un Umberto Ecco et leur modestie se transforme ici en élégante pirouette.

Est-ce que tu viens pour les vacances
Moi je n'ai pas changé d'adresse
Je serai je pense
Un peu en avance
Au rendez-vous de nos promesses

Tous les ans, nos compères réservent un petit studio sur la côte normande où ils ont leur habitudes, où ils se sentent bien, comme chez eux. C'est toujours avec bonheur qu'ils retrouvent  les croissants au beurre deMadame Dubois, la boulangère, les côtes de porc de Monsieur Bernard, le boucher et le sable fin de cette petite plage dont nous tairons le nom pour préserver leur intimité. Et tout ça pour 525 euros les deux semaines, charges comprises. C'est dans cette petite station balnéaire au doux parfum d'autrefois qu'ils ont rencontrés l'année passée l'Idéal Féminin (celle avec le crocodile sur le blouson) et ils aimeraient bien la revoir, ça se comprend. Ils seront sans doute un peu en avance car leurs vacances commencent la dernière semaine de juin et la saison n'est pas vraiment commencée.

Je reviendrais danser,
Une chanson triste, un slow d'été
Je te tiendrai la main
En rentrant au petit matin
C'que j'ai pensé à toi
Les nuits d'hiver où j'avais froid
J'étais un Goéland
En exil de sentiments

David et Jonathan nous décrivent leur vacances de rêve avec la fille au croco : un slow qui dure jusqu'à 5 heures du matin (nous sommes dans le domaine du fantasme, rappelons-le) puis rentrer dans leur studio en tenant la main de l'être sublime - et prendre congé dans la cage d'escalier, car nos deux philosophes, malgré leur apparence d'irrésistible séducteur, sont avant tout des gentleman qui savent se tenir. 
Mais bientôt on s'écarte du rêve pour se remémorer de douloureux souvenirs d'hiver : la chaudière en panne, le froid qui pénétre les os, la buée qui sort de la bouche et s'envole au plafond. Au milieu de cette situation désespérée, une image s'impose à l'esprit: celle du goêland en exil de sentiments. Nous avons eu l'occasion, lors du visionnage d'un fort intéressant documentaire du Nationnal Géographic, d'observer un goêland en exil de sentiments. Eh bien, c'est pas joli à voir.

Pour conclure, l'histoire ne dit pas s'ils se la sont faite, la fille au croco. Ou est-ce que David besognait la bougresse tandis que Jonathan, planqué dans l'armoire à linge, n'en perdait pas une miette ?

Incertitude de la philosophie...

"Sont-ce des chemises blanches à rayures noires ou des chemises noires à rayures blanches ?" semblent-ils nous interpeller.

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10 décembre 2004 5 10 /12 /décembre /2004 00:00

Mme Benchémoul étant friante de boisson forte, je m'étais muni d'un fond de bouteille de Guignolet afin d'engager les négociations sous de bons auspices.
Bien m'en a pris: c'est dans la cuisine, à même la table en formica, que nous avons trinqué sans plus de cérémonie.  Bien sûr, il a fallut que je subisse les théories stupides de Mme Benchémoul sur la hiérarchie des idées chez Platon, comme quoi tout en haut on trouve Dieu qui est unique et personnel, mais qu'il y a aussi un autre principe absolu et éternel:la matière, qui est indéterminé. Et que Dieu ne l'aurait pas produite, cette matière, mais ordonnée sur le modèle des Idées et bla bla bla et bla bla bla!
Si vous voulez mon avis, Mme Benchémoul ferait mieux de laver sa robe de chambre maculée de graisse plutôt que de se torturer l'esprit avec pareilles fariboles.
Fort heureusement, j'ai fini par détourner la conversation sur le sujet qui m'intéressait vraiment: son beau frère et ses talents linguistiques.
Par chance, il passe demain pour l'apéritif. Il montera donc me voir afin de voir ensemble ce qu'on peut faire.
Je suis tout excité.
Vivement demain.

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10 décembre 2004 5 10 /12 /décembre /2004 00:00

J'ai tenté de contacter, par mail,  la dame en maillot de bain rouge adossée à la voiture, afin que l'on travaille ensemble à la notoriété de Philotropie. J'ai reçu assez rapidement une réponse, entièrement rédigée en anglais, d'un certain Mailer Demon. Ce monsieur Demon est sans doute l'agent artistique de la dame, sans que je puisse l'affirmer avec certitude, étant peu famillier de la langue de Shakespeare.
Je garde néanmoins espoir. En effet, le beau frère de Madame Benchémoul parle assez bien l'anglais : il regarde quantité de DVD en v.o et comprend tout sans avoir besoin de lire les paroles. Je vais donc aller voir ma voisine et négocier avec elle une éventuelle rencontre avec le mari de sa soeur. Je ferai part ici-même de l'entrevue et de ce qui en découle. 

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