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Qu'est-ce ?

 Ce blog a pour but de promouvoir la philotropie à une échelle mondiale. Qu'est-ce que la philotropie ? C'est une alternative à la philosophie qui inclut dans son domaine de recherche les apports encore mésestimés de nouveaux penseurs tel que Florent Pagny ou David et Jonathan.

Les Nouveautés

4 juin 2007 1 04 /06 /juin /2007 00:00

Socrate, de sa vie, n'a jamais refusé un apéro.

Socrate est né 1534 ans avant les jeux olympiques d'Athènes, au même endroit. Son père était sculpteur, mais on ignore ce qu'il sculptait exactement. Quant à sa mère, elle exerçait la profession d'infirmière, mais d'après les documents que l'on possède sur les pratiques médicales de l'époque, elle aurait eu du mal à déccrocher un rôle dans "Urgences". A noter qu'elle sculptait elle aussi, à ses moments perdus, ce qui laisse à penser que c'était une infirmière très libérale.
L'oracle de Delphes, un type qui se cachait derrière une statue et racontait n'importe quoi en échange de quelque nourriture, déclare un jour que Socrate est le plus sage des hommes. Stupeur de l'intéressé qui commence par dire: "OOOOh l'autre! Mais non pas du tout!" puis qui réfléchit un peu et finit par déclarer: "Je ne sais rien de plus que les autres hommes, si ce n'est qu'ils croient savoir quelque chose et que je sais que je ne sais rien". (Un des plus prestigieux disciples socratiques, Jean Gabin, entreprend de mettre cette pensée en musique en 1974. Il écoulera 500 00 exemplaires de son 45 tours, "Maintenant je sais", preuve que l'enseignement de Socrate a su traverser les époques et trouver un écho favorables auprès des jeunes oreilles issues du baby boom).

Jean Gabin, un Socrate sans la barbe

Fort de son savoir (c'est à dire: rien), Socrate commence, avec un courage qu'il faut saluer, à enseigner aux hommes leur ignorance. Ainsi, il va nu-pieds dans les rues d'Athènes, habillé comme un malpropre, pas rasé, pas lavé, tentant de convaincre tout un chacun qu'il ne sait rien du tout. Comment s'étonner après cela que les enfants lui lançe des pierres?
Au début on le laisse faire, car on le prend un peu en pitié. Mais peu à peu des bandes de jeunes désoeuvrés commence à s'intéresser à son enseignements, d'autant qu'il ne nécessite que très peu de facultés intellectuelles. (Socrate: "Les gars, faut savoir un truc, c'est que vous savez rien...", les gars: "Ouaiiiiiis!")
Arrive ce qu'il devait arriver: excédé par les bruits de mobylette qui pétaradent dans les rues endormies jusqu'à plus d'heures, les Athéniens se plaignent, le parti démocratique l'accuse de pervertir la jeunesse. En 399 Socrate est condamné à boire la cigüe. Au début, il n'est pas contre car il est persuadé qu'il s'agit d'une nouvelle boisson du genre "smart drink" dont raffole tant les jeunes. Il déchante lorsqu'on lui apprend que c'est en réalité du poison, destiné à le faire mourrir dans d'atroces souffrances.
Face à son manque d'entousiasme, la police athénienne menace de lui arracher les poils de sa barbe un par un s'il n'avale pas le liquide sur le champ. Un policier, plus gentil que les autres, lui propose de lui pincer le nez, car la cigüe sent très mauvais.
Socrate cesse donc de chouiner, boit le poison et meurt.
Le plus beau est que notre philosophe, durant sa longue vie, ne s'est pas donné la peine d'écrire une seule ligne.  Du coup, ses propos proviennent exclusivement du bouche à oreille, de vagues "on dit" et de cancans athéniens, ce qui laisse un doute sur la véracité de leur contenu.
Si ça se trouve, il voulait pas dire ça. Peut-être qu'il a seulement dit: "Je sais tout" ou "Foutez-moi la paix avec vos âneries!" ou "J'adore les carottes rapées avec un filet de citron".  Mais maintenant c'est trop tard.
Et j'ose le déclarer à la face du monde: "Tant pis pour toi, feignasse!"

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30 septembre 2005 5 30 /09 /septembre /2005 00:00

Jack Lang, cette formidable bête politique est, comme chacun le sait, friand d'art contemporain. Un jour qu'il visitait une galerie, en quête de nouvelle sensations inédites, il tombe en arrêt devant les travaux d'un jeune artiste qui lui semble particulièrement novateur et frais : Javel de la Poujade. Littéralement envouté par la puissance et le charme qui se dégage de cet oeuvre, il décide d'acheter sur le champs une série de 5  tableaux à l'achrylique sur toile intitulée "Prout !".


Formidable !

A peine rentré chez lui, il installe au mur ses nouvelles acquisitions. Quelques temps après, son ami Fidel Castro, à Paris pour quelques jours, lui rend visite. L'occasion est trop belle de faire découvrir au dictateur - mais néanmoins très gentil - cubain l'oeuvre de Javel de la Poujade.


Accueil mitigé de la part de Fidel.

Fidel n'est pas totalement convaincu par les travaux de l'artiste, Jack est profondément dépité. Le soir même, il aura un geste qui va prouver toute la gravité de sa détresse : après avoir emprunté la tondeuxe électrique de sa femme de chambre portuguaise, Jack, seul dans sa salle de bain, décide de se raser la tête. Fort heureusement, il n'ira pas jusqu'au bout de son geste.
Doté pour l'occasion d'une nouvelle coupe de cheveux, il entame une tournée des discothèques sous le nom de Désireless II. Un soir, Lionel Jospin, présent dans la salle, le reconnaît. Il lui somme de choisir entre les paillettes du show biz et la défense des pauvres gens. Déchiré, Jack promet de revenir dès que ses cheveux auront repoussés. Lionel accepte le deal. Le music hall perd un artiste, mais les pauvres gens retrouvent avec soulagement celui qui les a toujours défendus.


Jack dans les loges du Coconut's de Villetaneuse

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24 août 2005 3 24 /08 /août /2005 00:00

 


Chimène: "Et que penses- tu de Jean Romuald?"

Tomber amoureux fait partie de ces choses qui peuvent contribuer à égailler l'existence de tout un chacun, au même titre que suivre une émission de Patrick Sébastien un samedi soir ou aller s'acheter un kebab salade-tomate-oignon au suédois du coin. Nous sommes d'accord.
REtomber amoureux, c'est à peu près la même chose, sauf que cette fois, on ne nous y reprendra pas à prendre de la sauce piquante.
Chimène Badi, jeune artiste française dont la prestigieuse discographie la place d'ores et déjà à la droite de Barbara et à la gauche d'Annie Cordy, a décidé, non sans un certain courage, de traiter de ce thème épineux à travers sa chanson "Retomber amoureux".

Il y a bien longtemps qu'on ne se parlait plus
Il y a bien longtemps qu'on ne se plaisait plus
Il y a bien longtemps qu'on ne s'était pas dit
Le prénom d'un enfant dont on aurait envie


Lorsque la chanson débute, nous comprenons bien vite que tout va mal entre Chimène et son fiancé : D'abord, ils ne se parlent plus, ce qui peut représenter un véritable handicap lorsque vous ne vous souvenez plus où est le programme télé. Plus grave : ils ne se plaisent plus. Chimène trouve que son fiancé est con et moche, alors que de son côté le fiancé pense exactement la même chose à son encontre. Heureusement, dans la mesure où ils ne s'adressent plus la parole, ils restent l'un et l'autre dans l'ignorance de ce profond mépris, ce qui nous évite des vers du genre "Je lui ai dit espèce de fumier, il m'a répondu : c'est c'lui qui dit qui y est".
Cerise sur le gateau, ils ne veulent même plus faire d'enfant, et ont d'ailleurs stoppé toute recherche concernant un éventuel patronyme qui pourrait permettre de l'identifier sans trop de difficultés au milieu d'un bac à sable. En résumé, il y a de l'eau dans le gaz entre Chimène et son fiancé.
Et là, c'est le miracle:


Et puis un jour tout est fini, c'est là que tout a commencé
Quand on s'est dit "on se quitte", on ne s'est plus jamais quittés


Qu'on imagine l'extrème confusion qui a dû rêgner ce jour-là au sein du couple.Dans quel abîme de perplexité s'est subitement retrouvé le fiancé lorsque Chimène lui a annoncé: "Je te quitte" tout en restant affalée comme une baleine échouée sur la canapé du salon? Sentant sans doute son esprit vasciller, il a marmoné "moi aussi", puis est parti faire la vaisselle.  D'où le statu quo qui s'est installé durablement au sein du couple. Pour ma part,je ne vois pas d'autre explication.
Bien que la situation soit pour le moins curieuse (on imagine leurs amis, en visite pour l'apéritif: "Alors comme ça, c'est fini entre vous et ça vient de commencer? Chimène, pourquoi tu mets ces cacahuètes dans tes narines? Vous êtes sûr que ça va tous les deux?") Chimène en tire quelques maximes définitives qu'elle nous expose dans le refrain:


Retomber amoureux de la personne qu'on aime
Retomber amoureux et de nouveau se dire "je t'aime"
Retomber amoureux de la personne qu'on aime
Etre heureux d'être heureux, différents mais toujours les mêmes


Deux choses dans ces vers interpelleront les esprits, même les moins clairvoyants : retomber amoureux de la personne qu'on aime, c'est, comment dire... Marcher dans une crotte de chien alors qu'on a déjà le pied dans le caca. En un mot, c'est impossible. Et d'un point de vue scientifique et logique, c'est une incongruité.

Mais que dire alors de "être heureux d'être heureux?" Est-ce le pendant optimiste du fameux "peur d'avoir peur"? Et peut-on envisager d"être heureux d'être heureux d'être heureux"? Et est-ce que ça ne fait pas mal à la tête au bout d'un moment?
On pourrait imaginer pour le moins que Chimène va nous apporter, dans la suite de sa chanson, des éléments de réponse qui nous permettrait de nous extirper de cet affreux marasme existentiel qui nous assaille soudainement. Mais non, Chimène préfére passer à autre chose, c'est à dire le récit laconique des splendeurs passées de ce couple incertain.


Il y a bien longtemps les dîners aux chandelles
Il y a bien longtemps les petits câlins à l'hôtel
Et le jour qui se lève, dire bonjour aux voisins
Se prendre pour Adam et Eve et croquer dans le même pain


A la lecture de ces lignes, on entrevoit quel Eldorado a dû être la vie quotidienne des deux amoureux : des dîners au chandelles au Buffalo Grill du coin, des nuits  d'amour sans fin à l'hôtel Première Classe, situé juste à côté du restaurant de cowboy, et pour finir, la tournée des chambres : "Bonjour, c'est Chimène Badi, ça c'est mon amoureux, on s'est quitté, mais je comprends pas, il est toujours là. Enfin, c'est pas grave, l'essentiel c'est d'être heureux d'être heureux".
Pour finir en beauté, on apprend qu'Adam et Eve disposait d'une boulangerie pâtisserie à deux pas de chez eux, ce qui leur permettait de croquer dans le même pain, au petit déj' avant d'aller au boulot.

Lorsque les dernières notes s'éteignent, l'auditeur reste perplexe : est-ce que les choses ont fini par s'arranger pour Chimène? Prend-elle bien ses médicaments tous les jours?
Plus sérieusement, pourrait-elle nous transmettre une chronologie précise de son histoire amoureuse? Parce que là, je n'y comprends plus rien. Est-elle encore avec machin? Si oui, est-elle retournée au Buffalo Grill ou cet endroit fait-il définitivement partie des splendeurs passées? Si non, a-t-elle essayé Léon de Bruxelles, et si oui, s'y est-elle sentie heureuse d'être heureuse, voire légérement différente tout en étant la même?
Nous somme preneurs de toute information sérieuse à ce sujet.


Chimène Badi, heureuse d'être heureuse

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1 juillet 2005 5 01 /07 /juillet /2005 00:00
Il nous a été récemment donné l'occasion de découvrir par le bais de Marinette, charmante petite cousine hystérique à tendance gothique de 13 ans et demi, l'existence d'un jeune et talentueux artiste nommé Damien Saez.
Nous avons donc parcouru l'immensité de la toile tel le proverbial pèlerin en quête de vérité, et au hasard du chemin nous sommes tombés sur ce qui semble être le rendez-vous obligé des jeunes penseurs de demain, je veux parler du site skyblog. Parmi la multitude de blogs qui s'offrait à nous, d'aucuns traitaient du jeune Damien Saez en termes élogieux qui confirmaient avec éclat l'enthousiasme exacerbé de Marinette ("Se keum je le kiff tro en plus il trop bo

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Damien est né avec un seul doigt à sa main droite, et il n'en n'a pas honte




















Une terrible excitation intellectuelle s'est aussitôt emparée de moi : il fallait que je sache, moi aussi, quel était le message distillé par ce jeune barde tro bo. En un mot, mon voeux le plus cher était de kiffer de concert avec les intellectuels prépubères du Skyblog et de sentir tout mon être vibrer à la seule évocation de ce nouveau maître à penser.

Pour ce faire, rien de tel que de s’imprégner à tête reposée de quelques paroles de chanson afin d'en retirer la substantifique moelle. Mon dévolu s'est immédiatement jeté sur "Je veux du nucléaire", au titre assez prometteur.

Enfant d'une génération ratée
Qui pensait qu'à rêver
De drapeaux blancs
Moi j' veux du nucléaire
J' veux du sexe et du sang
Des bombes dans le RER
Même si je ne suis qu'un enfant

D'emblée, nous découvrons le terrible malheur qui a frappé Damien Saez dès sa naissance : il est l'enfant d'une génération ratée qui rêvaient de drapeau blanc. Chacun a les rêves qu'il peut, mais il faut bien avouer, en l'occurrence, qu'un drapeau blanc n'offre, en matière d'onirisme, que des perspectives bien limitées. Encore, si l'on rêve d'un drapeau blanc situé à quatre où cinq mètres, ça va encore : avec un peu de chance, s'il y a du vent, il bouge, ça crée un semblant d'animation. Mais si on a les nez dessus, c’est tout blanc, c’est monotone.
Terrible conséquence de ce laisser aller : maintenant Damien veut du nucléaire. Donc, si j’ai un conseil à donner aux futures mères, c’est d’arrêter tout de suite de rêver de drapeaux blancs si elles ne veulent pas donner naissance à un enfant qui leur demandera une centrale nucléaire dès leur premier Noël.
Mais Damien ne s’arrête pas là : il veut également du sexe, du sang et des bombes dans le RER. Pour le sexe, ça peut se comprendre, on en est tous un peu là. Pour le sang, la motivation exacte ne nous apparaît pas clairement. Pour les bombes dans le RER, nous sommes dans l’expectative. Selon nos sources, Damien, qui a su rester simple malgré son immense succès, continue de prendre les transports en commun, et il en a marre d’être boudiné dans un wagon tous les matins quand il va au bureau. Observateur, il a constaté qu’une bombe dans le RER avait pour conséquence de diminuer de façon sensible la fréquentation des transports en commun. Résultat : on y respire mieux, et parfois même, on réussit à trouver un place assise entre Nation et châtelet. Damien est un garçon pratique.

Enfant d'une génération ratée
Vautré devant la TV
On se branle devant les bombardements
Mon dieu que c excitant
Moi j' veux du nucléaire
J' veux du sexe et du sang
Des bombes dans le RER
Même si je ne suis qu'un enfant

Dans ce couplet, on en apprend un peu plus sur le mode de vie du jeune Damien : il passe ses journées devant la télé, ce qui explique sans doute sa grande connaissance des problèmes géo politiques contemporains. Il lève également un voile pudique sur ses pratiques sexuelles : il est le fervent adepte d’un onanisme débridé devant les bombardements. Mais je tiens à mettre en garde le citoyen lambda qui serait tenté par une telle expérience : seul un artiste de la trempe de Damien Saez peut s’enorgueillir d’atteindre un quelconque résultat dans ces conditions extrêmes.
Le reste du couplet répète le couplet précédent, donc si vous n’avez pas compris, lire au dessus.
A la lecture du troisième couplet, je suis pris d’une immense lassitude. Trop d’émotion sans doute. Il faut que j’aille me reposer.
Il nous a été récemment donné l'occasion de découvrir par le bais de Marinette, charmante petite cousine hystérique à tendance gothique de 13 ans et demi, l'existence d'un jeune et talentueux artiste nommé Damien Saez.
Nous avons donc parcouru l'immensité de la toile tel le proverbial pèlerin en quête de vérité, et au hasard du chemin nous sommes tombés sur ce qui semble être le rendez-vous obligé des jeunes penseurs de demain, je veux parler du site skyblog. Parmi la multitude de blogs qui s'offrait à nous, d'aucuns traitaient du jeune Damien Saez en termes élogieux qui confirmaient avec éclat l'enthousiasme exacerbé de Marinette ("Se keum je le kiff tro en plus il trop bo

.
Damien est né avec un seul doigt à sa main droite, et il n'en n'a pas honte











Une terrible excitation intellectuelle s'est aussitôt emparée de moi : il fallait que je sache, moi aussi, quel était le message distillé par ce jeune barde tro bo. En un mot, mon voeux le plus cher était de kiffer de concert avec les intellectuels prépubères du Skyblog et de sentir tout mon être vibrer à la seule évocation de ce nouveau maître à penser.
Pour ce faire, rien de tel que de s’imprégner à tête reposée de quelques paroles de chanson afin d'en retirer la substantifique moelle. Mon dévolu s'est immédiatement jeté sur "Je veux du nucléaire", au titre assez prometteur.

Enfant d'une génération ratée
Qui pensait qu'à rêver
De drapeaux blancs
Moi j' veux du nucléaire
J' veux du sexe et du sang
Des bombes dans le RER
Même si je ne suis qu'un enfant

D'emblée, nous découvrons le terrible malheur qui a frappé Damien Saez dès sa naissance : il est l'enfant d'une génération ratée qui rêvaient de drapeau blanc. Chacun a les rêves qu'il peut, mais il faut bien avouer, en l'occurrence, qu'un drapeau blanc n'offre, en matière d'onirisme, que des perspectives bien limitées. Encore, si l'on rêve d'un drapeau blanc situé à quatre où cinq mètres, ça va encore : avec un peu de chance, s'il y a du vent, il bouge, ça crée un semblant d'animation. Mais si on a les nez dessus, c’est tout blanc, c’est monotone.
Terrible conséquence de ce laisser aller : maintenant Damien veut du nucléaire. Donc, si j’ai un conseil à donner aux futures mères, c’est d’arrêter tout de suite de rêver de drapeaux blancs si elles ne veulent pas donner naissance à un enfant qui leur demandera une centrale nucléaire dès leur premier Noël.
Mais Damien ne s’arrête pas là : il veut également du sexe, du sang et des bombes dans le RER. Pour le sexe, ça peut se comprendre, on en est tous un peu là. Pour le sang, la motivation exacte ne nous apparaît pas clairement. Pour les bombes dans le RER, nous sommes dans l’expectative. Selon nos sources, Damien, qui a su rester simple malgré son immense succès, continue de prendre les transports en commun, et il en a marre d’être boudiné dans un wagon tous les matins quand il va au bureau. Observateur, il a constaté qu’une bombe dans le RER avait pour conséquence de diminuer de façon sensible la fréquentation des transports en commun. Résultat : on y respire mieux, et parfois même, on réussit à trouver un place assise entre Nation et châtelet. Damien est un garçon pratique.

Enfant d'une génération ratée
Vautré devant la TV
On se branle devant les bombardements
Mon dieu que c excitant
Moi j' veux du nucléaire
J' veux du sexe et du sang
Des bombes dans le RER
Même si je ne suis qu'un enfant

Dans ce couplet, on en apprend un peu plus sur le mode de vie du jeune Damien : il passe ses journées devant la télé, ce qui explique sans doute sa grande connaissance des problèmes géo politiques contemporains. Il lève également un voile pudique sur ses pratiques sexuelles : il est le fervent adepte d’un onanisme débridé devant les bombardements. Mais je tiens à mettre en garde le citoyen lambda qui serait tenté par une telle expérience : seul un artiste de la trempe de Damien Saez peut s’enorgueillir d’atteindre un quelconque résultat dans ces conditions extrêmes.
Le reste du couplet répète le couplet précédent, donc si vous n’avez pas compris, lire au dessus.
A la lecture du troisième couplet, je suis pris d’une immense lassitude. Trop d’émotion sans doute. Il faut que j’aille me reposer.

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28 décembre 2004 2 28 /12 /décembre /2004 00:00

Il est de bon ton, dans les milieux autorisés de la pensée contemporaine, de faire des gorges chaudes de Patrick Bruel. Chacun est convaincu, avec la vaniteuse arrogance qui caractérise ce petit aréopage mondain, que ce bellâtre touche à tout est un philosophe à la pensée originale et novatrice. La réalité est beaucoup moins reluisante.

En novembre 1980, Patrick Bruel (qui s’appelle encore Patrick Benguigui) se rend pour une raison qui nous échappe encore dans la Creuse, plus précisément à Bourganeuf, petite ville située non loin d’Aubusson. Nous sommes samedi soir et Patrick, après avoir poussé la porte des trois estaminets qui parsèment la ville, hère comme une âme en peine. Il avise alors une affiche placardée sur un pauvre mur de torchis : « Ce soir grand bal, avec Jacky Bruel et son accordéon ». Son sang ne fait qu’un tour. Après un copieux repas avalé à l’auberge des voyageurs, notre homme se dirige vers la place du village, là même où la disco-mobile est installée pour une de ces soirées de folie et de bonne humeur qui égaye des ses strass le morne quotidien bourganeuvien

 Une fois la main affublée d’un odieux tampon dégoulinant d’encre grasse, Patrick pénètre dans le  modeste chapiteau. Et là, c’est la révélation : sur la scène, au milieu des fumées de mauvais tabac, se dresse un être inouï, « larger than life » comme disent les américains. Tapant du pied comme un beau diable, ce matador de la scène entraîne la foule en liesse dans une folle sarabande tandis que les banderilles célestes de son accordéon magique strient les cœurs des jeunes filles, dégoupillent les braguettes des jeunes garçons… Cet homme, c’est Jacky Bruel.

Patrick, tapis dans l’ombre, n’en perd pas une miette. Mieux, il note fébrilement sur un petit calepin de moleskine tous les petits trucs de scène du maître :  paume vers le haut, bras tendu qui balaye l’assistance, sourire asymétrique, sourcils en accent circonflexe : bref, tout ce qui, des années plus tard,  constituera la base de la soi-disant « personnalité » de celui qui se fera appeler « Patrick Bruel ».

Mais si le pillage s’arrêtait à la gestuelle, ce ne serait qu’un moindre mal. Après tout, Bernard Henri Lévy a bien tout piqué à Yves Montand sans que cela ne choque personne.

 

Avec un tel numéro de téléphone, normal que les contrats tardent à tomber.

 

Un exemple parlera mieux que mille démonstrations…

Voici le refrain d’une chanson signée Jacky Bruel :

 

On s’était dit rendez-vous au bistrot

Même jour, même heure, même poivrots

On verra bien qui c’est qui tiendra debout

Avec dix pastagas dans les genoux

 

Et maintenant le refrain de « Place des grands hommes »

 

On s'était dit rendez-vous dans 10 ans
Même jour, même heure, même pommes
On verra quand on aura 30 ans
Sur les marches de la place des grands hommes

 

Autre exemple, encore plus flagrant :

 

Paroles de Jacky Bruel :

Si, ce soir, j'ai pas envie d' rentrer tout seul,
Si, ce soir, j'ai pas envie d' rentrer chez moi,
Si, ce soir, j'ai pas envie d' fermer ma gueule,
Si, ce soir, j'ai envie d' me garnir le cornet

Allez la patronne, encore un godet !

 

Paroles de l’usurpateur :

Si, ce soir, j'ai pas envie d' rentrer tout seul,
Si, ce soir, j'ai pas envie d' rentrer chez moi,
Si, ce soir, j'ai pas envie d' fermer ma gueule,
Si, ce soir, j'ai envie d' me casser la voix,
Casser la voix, Casser la voix,
Casser la voix, Casser la voix.

 

On notera au passage l’appauvrissement subit par les textes afin de les rendre plus « présentables », quitte à en dénaturer le sens.

 

Mais grâce à ce blog, la vérité est enfin en marche. Un jour, à n’en pas douter, elle finira bien par triompher.
Vous qui lisez ces lignes, faites passer le message : il n’y a et il n’y aura jamais qu’un Bruel : Jacky !

 

 

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13 décembre 2004 1 13 /12 /décembre /2004 00:00

 

David et Jonathan au temps de leur splendeur: un look décontracté qui n'oblitère en rien le sérieux et la réfléxion.

 

Le petit monde de la philosophie est régi par un ensemble de règles strictes auxquelles il est de bon ton d'adhèrer. Par exemple: la pensée d'un philosophe ne doit résulter que de l'activité d'un seul cerveau: la solitude est le lot du penseur.
On comprend pourquoi l'arrivée de David et Jonathan sur la scène médiatique a provoqué un tel électrochoc: non content d'être jeunes, beaux et talentueux, ils étaient aussi deux. Leur pensée s'est ainsi construite à une rapidité sidérante: lorsque David argumentait, Jonathan contre argumentait, les idées novatrices pleuvaient en cascades et un dictaphone n'était pas de trop pour recueillir un tel feu d'artifice créatif.  Cette extraordinaire confrontation de ces deux personnalités hors du commun a produit, tel les deux silex que l'on frotte, les étincelles d'une pensée novatrice dont les lueurs éclairent et guident encore, bien qu'ils s'en défendent, les grands esprits de notre époque (Bernard Henri Lévy, Arlette Chabot et, à l'évidence, Florent Pagny).
Ce bouillonnement d'idées est perceptible dès leur premier 45 tours, "Bella vista"; qui sort en 1987. Le ton est donné: loin de toute pensée nihiliste qui restreint trop souvent le champ de la réfléxion, David et Jonathan prônent un édonisme sans faille gorgés des rayons langoureux d'une Italie idyllique où les pizzas sont toujours copieuses et le chianti all dente.
Leur message remportent très vite l'adhésion d'une France avide de réfléxion intelligente et de joie de vivre. Fort de leur succès, ils enchaînent dès 1988 avec "Gina". Cependant dans le concert de louange certaines petites voix discordantes se font entendre: on les accusent à demi mots de "se répéter", voire de "tirer sur la ficelle d'une formule facile". Mais David et Jonathan s'en moquent: ils ont une oeuvre à construire, et quelques jaloux mal intentionnés n'arriveront pas à les détourner de leur tâche. 
1989 sera l'année du triomphe absolu en même temps qu'une réponse cinglante aux détracteurs de tous poils avec ce qui reste leur chef d'oeuvre absolu mais aussii, hélas, leur testament: "Est-ce que tu viens pour les vacances?"

T'avais les cheveux blonds
Un crocodile sur ton blouson
On s'est connu comme ça
Au soleil, au même endroit

En deux vers admirablement troussés, les deux penseurs nous dépeignent avec une économie de moyen remarquable leur idéal féminin. Usant de l'ellipse avec un talent qui leur est propre, David et Jonathan nous laisse à penser qu'il n'existe pas plus belle fille que celle qui porte négligement posé sur l'épaule un crocodile de 5 métres de long. Il s'agit de ne pas tomber dans le piège: on parle bien ici du petit reptile cousu à même le tissu d'une marque bien connue et qui sert en quelque sorte de signe de ralliement aux personnes ayant un idéal commun de luxe et de beauté.
Les deux derniers vers exposent avec éclat une vérité trop souvent passée sous silence (et source de nombreuses mésententes): pour faire connaissance, d'un point de vue visuel et ultérieurement charnel, il faut impérativement être au même endroit (et accessoirement au soleil, comme ça on voit mieux à qui on a à faire).

T'avais des yeux d'enfant
Des yeux couleur de l'océan
Moi pour faire le malin
Je chantais en italien

Il a été prouvé statistiquement ( séminaire de Boston - 1978 - communication de Whales et Hoggart) que les yeux d'enfants sont à 78,09 %, couleur d'océan. Nos deux amis ne pouvait pas ignorer cette avancée décisive de la recherche. Mais on constate surtout avec quelle humilité il glisse subrepticement l'information dans leur texte. L'observateur sérieux ne s'y trompe pas : sous ces allures faussement frivoles, c'est la marque des grands penseurs qui transparaît avec éclat.
Lorsque l'on connaît leur parfaite maîtrise de l'italien, on ne peut s'empêcher d'esquiiser un sourire à la lecture des deux derniers vers : David et Jonathan n'on rien à apprendre d'un Umberto Ecco et leur modestie se transforme ici en élégante pirouette.

Est-ce que tu viens pour les vacances
Moi je n'ai pas changé d'adresse
Je serai je pense
Un peu en avance
Au rendez-vous de nos promesses

Tous les ans, nos compères réservent un petit studio sur la côte normande où ils ont leur habitudes, où ils se sentent bien, comme chez eux. C'est toujours avec bonheur qu'ils retrouvent  les croissants au beurre deMadame Dubois, la boulangère, les côtes de porc de Monsieur Bernard, le boucher et le sable fin de cette petite plage dont nous tairons le nom pour préserver leur intimité. Et tout ça pour 525 euros les deux semaines, charges comprises. C'est dans cette petite station balnéaire au doux parfum d'autrefois qu'ils ont rencontrés l'année passée l'Idéal Féminin (celle avec le crocodile sur le blouson) et ils aimeraient bien la revoir, ça se comprend. Ils seront sans doute un peu en avance car leurs vacances commencent la dernière semaine de juin et la saison n'est pas vraiment commencée.

Je reviendrais danser,
Une chanson triste, un slow d'été
Je te tiendrai la main
En rentrant au petit matin
C'que j'ai pensé à toi
Les nuits d'hiver où j'avais froid
J'étais un Goéland
En exil de sentiments

David et Jonathan nous décrivent leur vacances de rêve avec la fille au croco : un slow qui dure jusqu'à 5 heures du matin (nous sommes dans le domaine du fantasme, rappelons-le) puis rentrer dans leur studio en tenant la main de l'être sublime - et prendre congé dans la cage d'escalier, car nos deux philosophes, malgré leur apparence d'irrésistible séducteur, sont avant tout des gentleman qui savent se tenir. 
Mais bientôt on s'écarte du rêve pour se remémorer de douloureux souvenirs d'hiver : la chaudière en panne, le froid qui pénétre les os, la buée qui sort de la bouche et s'envole au plafond. Au milieu de cette situation désespérée, une image s'impose à l'esprit: celle du goêland en exil de sentiments. Nous avons eu l'occasion, lors du visionnage d'un fort intéressant documentaire du Nationnal Géographic, d'observer un goêland en exil de sentiments. Eh bien, c'est pas joli à voir.

Pour conclure, l'histoire ne dit pas s'ils se la sont faite, la fille au croco. Ou est-ce que David besognait la bougresse tandis que Jonathan, planqué dans l'armoire à linge, n'en perdait pas une miette ?

Incertitude de la philosophie...

"Sont-ce des chemises blanches à rayures noires ou des chemises noires à rayures blanches ?" semblent-ils nous interpeller.

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30 novembre 2004 2 30 /11 /novembre /2004 00:00


Cette photo a été réalisée sans aucun trucage

Nietzche était pourtant mal parti dans la vie : un nom imprononçable en japonais, et une fameuse tendance à rire pour un rien qui effarouchait ses camarades de classe. Les quarante premières années de son existence furent particulièrement ternes et ennuyeuses, et la plupart du temps les biographes ne s’y attardent pas. Cependant, pour son quarantième et unième anniversaire, il eut l’idée de laisser pousser sa moustache, ce qui le transforma aussitôt en petit phénomène local (On l’invitait souvent à dîner, et on lui servait de la soupe au poireau. Ca faisait marrer tout le monde). Enfin reconnu, il pouvait s’atteler à sa carrière de philosophe. Pressentant que les idées qu’il exprimait étaient pour la plupart totalement dénuées de sens, il se fit passer pour fou. (C’est assez pratique, mais selon l’auditoire, le résultat peut être variable. J’ai expérimenté cette technique après avoir demandé à ma mère un billet de 50 francs pour me rendre au cinéma. Il en a résulté une forte sensation de chaleur à la joue gauche).

Toujours est-il que grâce à sa moustache, Nietzsche est instantanément identifiable. S’il assistait à la finale de la coupe de France (c’est une supposition), on pourrait le reconnaître au milieu de milliers de supporters (et pas uniquement parce que c’est le seul à ne pas agiter  de crécelle en criant « On a gagné les doigts dans le nez, ils ont perdus les doigts dans le cul ».)

Il a  fini sa vie comme ventriloque, manageant une poupée en feutrine nommée Zarathoustra.

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