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Qu'est-ce ?

 Ce blog a pour but de promouvoir la philotropie à une échelle mondiale. Qu'est-ce que la philotropie ? C'est une alternative à la philosophie qui inclut dans son domaine de recherche les apports encore mésestimés de nouveaux penseurs tel que Florent Pagny ou David et Jonathan.

Les Nouveautés

23 septembre 2005 5 23 /09 /septembre /2005 00:00

Le philotrope, toujours à l’affût d’une noble cause à défendre, à décidé de soutenir sans réserve le juste combat des conducteurs de 4X4 en ville qui depuis quelques temps sont l’objet de critiques totalement injustifiées de la part de personnes aigries et jalouses qui n’ont même pas les moyens de s’acheter un vélo pour se déplacer.

Si l'on veut bien être objectif, on constera rapidement que le 4X4 ne présente que des avantages.

Grâce à des roues un peu plus grosses que la moyenne, le 4X4 offre une stabilité exemplaire. Et lorsqu'on est coincé depuis une heure dans un embouteillage rue de Rivoli, c'est un atout non négligeable. De plus, le conducteur se trouve élevé à plusieurs métres du sol, ce qui lui évite de respirer les gaz d'échappement des autres véhicules. C'est écologique. Mieux encore: la hauteur de vue qu'il confère permet au conducteur d'élever son esprit jusqu'à des cîmes rarement atteintes. Le conducteur de 4x4 est naturellement plus intelligent.

Jean Marc nous présente avec fierté le nouveau 4x4 qu'il vient d'acquérir. "J'irai faire un tour dès que j'aurais trouvé le moyen d'atteindre la portière" nous confie-t-il avec excitation.

 

On dit que le 4x4 gêne la circulation. C'est faux! Il contribue à réduire le parc automobile des grandes villes qui envahit chaque jour les rues de leur présence aussi inutile que salissante. En effet, lorsque un 4X4 tente de faire un créneau, ce n'est pas moins de 2 véhicules qui disparaissent définitivement. Moins de voiture = moins de pollution. C'est ingénieux, mais encore fallait-il y penser, messieurs les écologistes!

 Même pour aller chercher le pain, Yannick ne se sépare jamais de son 4x4 préféré. "Et puis c'est pour la bonne cause" ajoute-t-il, débonnaire.

 

S'il y a une chose que les adversaires du 4X4 en ville ne supportent pas, c'est la classe naturelle qui émane de leur conducteur. Damien nous confie: "Avant, j'avais une ford fiesta et je me sentais quelconque, plutôt moche. J'avais une coupe ridicule, des polos informes avec "fruit of the loom" marqué dessus et je fumais des marlboro qui me jaunissais les dents. La loose totale!" Depuis que j'ai mon 4X4, c'est dingue comme j'ai pu changer. Je me coupe moi-même les cheveux et je laisse enfin ma veine créatrice s'exprimer en toute liberté, je suce des bretzels et j'ai jeté tous mes polos à la poubelle. Et je peux vous dire une chose : avec les femmes, ça marche du tonnerre de Dieu!"

 

Yannick une nouvelle fois victime des jaloux : on lui a encore crevé ses pneus. "Pas grave, rigole t-il, j'ai la positive attitude. Un petit bretzel, une pose flashy, comme ça je serais capable d'attendre le dépanneur pendant des heures!"

 

Quoiqu'il arrive, et n'en déplaise aux aigris, le 4x4 en ville est là pour durer. Pour preuve, Toyota vient de dévoiler ses derniers prototypes. Les années à venir verront l'apparition de 4x4 aux formes plus agressives, avec des volumes optimisés qui permettront de caser tous les bagages pour les week end à impronptus Deauville.

 

Le modèle  XSS Sport de Toyato disponible en vert bouteille et rouge pompier. On notera l'aérodynamisme des lignes, pour un coefficient de pénétration dans l'air frôlant le zéro.

 

Le TX67, modèle conçu spécialement pour un usage famillial. L'espace arrière est aménagé en salle de jeux pour les enfants, avec table de ping pong et raquettes en option. Avec ses 500 litres au 100, ce modèle séduira tout particulièrement les petits budgets.

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20 juin 2005 1 20 /06 /juin /2005 00:00

C'est dans un petit restau du Marais que nous retrouvons Jacques Mercier pour cet entretien à bâton rompu. Sa légendaire casquette vissée sur le crâne, la moustache frétillante, il vide un double Martini on the rocks, le coude lourdement appuyé sur le comptoir. Lorsqu'il m'aperçoit, il s'exclame: "C'est vous le philotrope! Je l'aurais parié!" Puis il me prends par le bras et m'entraîne à une petite table près de la fenêtre. Nous commandons chacun un menu à 14,95. Tout en rongeant un croûton de pain pour tromper l'attente, je lance mes premières questions.

 

Le philotrope : Jacques Mercier, comment devient-on le penseur français le plus influent en ce début de nouveau millénaire.
Jacques Mercier : Franchement, je sais pas trop.
LP: Au japon, on vous considère comme un dieu vivant. Des mugs, du papier toilette, des rouleaux de papier peint sont imprimés à votre effigie. Le 28 mars dernier, 15 japonais âgés de 21 à 67 ans se sont immolés par le feu sous prétexte qu'ils n'avaient pas compris le chapitre 12 de votre dernier livre ("Le pédantisme foireux pour échapper au suicide" Ed Les Belles Lettres). C'est dingue tout cet engouement, non?
JM : Je sais pas trop quoi vous dire.
LP : Jacques Mercier, je vous sers du vin ?
JM : Ah oui !
LP : Et sinon, bien, tranquille, ou quoi ?
JM : Bien…
LP :  Jacques Mercier, il ne me reste plus qu’à vous remercier pour cet entretien que vous avez bien voulu nous accorder.
JM : C’était sympa, on recommencera. Vous mangez pas vos œufs mimosas ?

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13 juin 2005 1 13 /06 /juin /2005 00:00

En France il y a deux catégories de chansons : les chansons à textes et les chansons tout court. Pourtant, l’auditeur attentif aura remarqué que TOUTES les chansons possèdent un texte (sinon on appelle ça un instrumental, comme dans Richard Clayderman). Alors comment s’y retrouver ? Comment distinguer la première de la seconde catégorie ?

Prenons un exemple très simple. Voici le refrain de la chanson « les rois mages » interprétée par Sheila :

 

Comme les Rois Mages en Galilée
Suivaient des yeux l'étoile du Berger
Je te suivrais, où tu iras j'irais
Fidèle comme une ombre jusqu'à destination

 

Bien que certaines informations ne soient pas dénuées de tout intérêt, notamment en ce qui concerne le mode d’orientation des rois mages en Galilée, il apparaît très vite que cette chanson appartient à la seconde catégorie : thème de la femme soumise traité sans aucune distanciation, absence totale de sens profond, pas de critique au vitriol de la société. Une sorte de néant sans conséquence dont la seule fonction est de donner chair à la mélodie. Somme toute, Sheila aurait très bien pu chanter les conseils diététiques inscrit sur une boîte de Corn Flakes, l’auditeur lambda n’y aurait vu que du feu.

Sheila et Ringo au temps du bonheur, juste avant qu'elle ne lui fasse part de son projet d'annulation

 

Prenons un second exemple, puisé dans le répertoire de la même Sheila, décidemment riche en chanson tout court.

 

Laisse les gondoles à Venise
Le printemps sur la Tamise
On ouvre pas les valises
On est si bien
Laisse au loin les Pyramides
Le soleil de la Floride
Mets nous un peu de musique
Et prends ma main.

 

Contrairement à l’exemple précédent, il y a dans ce texte un message. Pour autant, la présence d’un message suffit-il à caractériser la chanson à texte ? Ce n’est pas aussi simple.

 En substance, que dit Sheila (à son compagnon du moment, Ringo, un grand brun ténébreux) : Laissons tomber notre séjour au club med de Venise qui nous a coûté les yeux de la tête. Face au légitime rictus d’incompréhension stupide qu’on imagine se former sur le beau visage de Ringo, la chanteuse poursuit, un brun euphorique, en lui proposant de poser un 45 tours sur le pick up et de lui prendre la main. Notons au passage que la chanteuse, sans doute très émue, perd les quelques notions de géographie qu’elle avait péniblement accumulé sur les marché de Levallois en vendant des bonbons, et situe Venise à un jet de pierre des pyramides d’Egypte, baignées de surcroît par le soleil cuisant de la Floride. On imagine aisément la réaction de Ringo (qui est un homme intelligent) face à tant d’ineptie.

 

Ces deux exemples suffiront à définir la chanson tout court. Mais quid de la chanson à texte ? La chanson à texte est tout ce que sa voisine n’est pas : intelligente, élégante, pleine de sens, de sous-entendus, de grâce, de beauté et de poésie. Mais ça ne suffit pas : elle véhicule également un message fort. Par exemple : la société est pourrie (Damien Saez) ou bien : l’amour est sans issue et par conséquent pourri (Damien Saez). Ou alors : la misère c’est mal (Bernard Lavilliers, Mano Solo) Evidement, les choses ne sont pas exprimées avec autant de brutalité, mais au travers d’image fines, de métaphores flamboyantes. Nous avons affaire à de la poésie, de la vraie.

Le cas Vincent Delerm est un peu à part. Aucun auditeur sensé ne s’aventurera à la ranger dans la catégorie des chanteurs frivoles. Pourtant, si on lit ses textes en les débarrassant de tous les noms propres qui les parsèment, il reste en général deux ou trois lignes qui suffisent à elles seules à plonger le lecteur dans un état proche de la stupeur. Mais Vincent est un malin : connaissant ses limites, il a tout misé sur l’apparence : rasage au coupe choux, pull informe ou chemise déboutonnées qui laissent  à penser que les vanités de ce monde lui sont étrangères. Sourire sous la torture uniquement : tout à sa problématique, Vincent n’a pas de temps à consacrer à la rigolade. Et pour finir, voix chevrotante d’adolescent en mue : Vincent ne donne pas dans le joli, l’aimable, Vincent est un véritable poète, il faut le mériter.

Et force est de constater qu’il faut du mérite pour écouter dans son intégralité un de ses deux albums.

Vincent devise gaiement avec son ami le photomaton

 

Pour finir, un petit jeu. Sauras-tu comprendre ce texte un fois débarrassé de ses noms propres ?

 

Celles qui ont vu trois fois …
Celles qui ont pleuré …
Celles qui faisaient des exposés
Sur … et sur …
Celles qui ont envoyé du riz
En …, en …
Celles qui disaient "tu comprends pas"

Les filles de 1973 ont trente ans lalalala
Les filles de 1973 ont trente ans lalalala

Celles qui mettaient des…
Et des t-shirts …
Celles qui ont porté les baskets
… de …
Celles qui fabriquaient des bracelets
Brésiliens pendant l'heure d'anglais
Celles qui disaient "…"

Les filles de 1973 ont trente ans lalalala
Les filles de 1973 ont trente ans lalalala

Celles qui pratiquaient des suçons
Dans le cou de …
Celles qui fusillaient au …
Les tables du Lycée …
Celles qui disaient "Madame, c'est vrai
On n'a rien compris au sujet"
Celles qui s'appelaient
……………………………………………………….

Les filles de 1973 ont trente ans lalalala
Les filles de 1973 ont trente ans lalalala
Celles qui ont vu trois fois…
Celles qui ont pleuré…

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3 février 2005 4 03 /02 /février /2005 00:00

 

Martin Zimmerfrei au temps de sa spendeur

Martin Zimmerfrei est née en 1969, à Berlin-est. C'est dans cette petite ville insouciante et joyeuse qu'il passe les premières années de sa vie, entouré de l'amour de sa mère, secrétaire à la stasi, et de son père, vaillant Kapo au regard bleu acier qui n'a pas son pareil pour dégommer un contrevenant à 100 mètres. La vie quotidienne est rythmée par de nombreux débats d'idée qui contribuent à former le jeune Zimmerfrei dans une ambiance de saine émulation intellectuelle : "Peut-on raisonnablement espérer que le prix de la baguette n'augmente pas de 400% dans le mois à  venir?" ou "Staline était-il vraiment un chic type ?" ou "Pourquoi ma soeur, son mari et ses trois enfants ne donnent-ils plus de nouvelles depuis trois ans ?".
En 1989, c'est le choc: le mur tombe et Martin ébahi découvre qu'il y a quelque chose derrière : essentiellement des bars et des Mac Donald. Pour lui, c'est la révélation (surtout le Mac Chicken). Autre révélation: il est nécessaire d'avoir de l'argent car le gérant du Macdo refuse obstinément de faire crédit.
Face à ce qu'il considére comme une injustice, Martin décide d'agir. D'abord, il se fait pousser les cheveux. Ensuite il déclare publiquement qu'il va voler les riches pour donner aux pauvres. Par chance, il connaît personnellement un pauvre: lui. Il décide donc de s'octroyer la totalité des bénéfices provenant de ses larçins. En revanche, il ne connaît aucun riche, et c'est un peu au hasard qu'il braque petites vielles à cabat et petits vieux à casquettes, pour un total de 15 marks 95.
Fin 90, il est arrêté par la police et jeté en prison. En signe de contestation, il se coupe les cheveux, mais juste ceux au dessus des oreilles.
Du fond de sa geôle, il décide d'entreprendre un doctorat de philosophie. Le gardien Karl Maurig qui l'a tenté, sans succès, l'année précédente, lui conseille de suivre quelques cours de mise à niveau (A cette époque, Martin est persuadé que Schoppenhauer est une marque de bière). Les deux hommes se lient d'amitié, et pour son 22ième anniversaire, Karl offre à Martin un apfelstrudel avec une scie à métaux cachée à l'intérieur. Martin se casse trois incisives, les deux hommes se brouillent. Privé de compagnie, Martin se met à l'écriture. Dans un état proche de la transe, il rédige en une seule nuit une thèse de 250 pages sur "Staline précurseur de l'écologie ou le recyclement des déchets en Union Soviétique".
Au petit matin, malheureusement pris d'hallucination, il confond la fenêtre de sa cellule avec la fente d'une boîte aux lettres. Une vieille femme reçoit le manuscrit sur la tête et meurt. Martin en reprend pour 10 ans, et c'est finalement en 2004 qu'il retrouvera le chemin de la liberté grâce à une remise de peine de 6 mois pour bonne conduite.


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7 décembre 2004 2 07 /12 /décembre /2004 00:00

Florent Pagny scrute le firmament à la recherche de la vérité. Prévoyant, il s'est muni d'un micro pour faire part de ses découvertes.

La pensée de Florent Pagny, pour celui qui voudra bien se donner le peine de s'y intéresser, offre un formidable outil d'analyse, indispensable à la compréhension de notre société post-moderne. Jusqu'à présent, il a été fort injustement écarté des études universitaires sous de fallacieux prétextes (sa coiffure serait par trop excentrique, il aurait un gros nez, il se tiendrait mal à table, que sais-je encore...)
Or il est évident, à la lecture de son texte fondateur "Laissez-nous respirer" que Florent Pagny compte d'ores et déjà parmi les plus personnalités les plus marquantes qui auront strié de leur marque indélébile la pensée philosophique encore balbutiante du nouveau millénaire.

Laissez-nous respirer.

F. Pagny a constaté qu'on ne le laissait pas respirer. Le mystère plane sur l'identité des personnes incriminées. Mais gageons dès à présent que la suite du texte jetera sur leur véritable nature une lumière éblouissante. A noter que mû par un élan altruiste sans faille, F. Pagny englobe dans sa contestation - et les éventuels bénéfices qui vont en découler - une part non négligeable mais cependant indéterminée de l'humanité (usage du pluriel "nous" ).

Je ne ferais pas ça
Parce que vous l'avez commandé
Je n'irais pas par là
Parce que vous l'avez décidé

Dès les premiers mots F. Pagny marque son désaccord profond avec un certain nombre de choses qui reste - à dessein - encore floues, tout en signifiant son mépris de toute autorité.

J'aimerais pouvoir parler
J'aimerais pouvoir vous expliquer
Pouvoir vous dire
Arrêtez d'vous tromper

N'écoutant que son coeur, F Pagny adorerait délivrer un message d'amour universel, mais de toute évidence on refuse de l'entendre. Pourtant, il a tant de choses à dire, à expliquer. Il reprend à son compte avec habileté la figure tragique du philosophe qui s'époumonne en vain au milieu d'une plèbe moutonnière et désespérante, trop occupée à jouer à l'euromillion pour écouter un message de vérité.  "Arrêtez de vous trompez" s'exclame -t-il, irrité. Car de toute évidence, nous nous trompons beaucoup. Florent, en une formule lapidaire, interpelle chacun d'entre nous sur l'inéluctable dimension tragique de sa condition. Car qui n'a pas rêvé un jour d'arrêter de se tromper, notamment en ce qui concerne le choix d'un nouveau papier peint ou d'une location de vacances ?

2
- Arrêtez d'pas comprendre
Arrêtez vos conneries
Arrêtez d'pas entendre
Arrêtez d'croire que tout est toujours
Comme vous l'avez décidé
Arrêtez d'tout casser

Face au silence méprisant que lui renvoient ses contemporains, le ton se fait plus virulant, n'hésitant pas à utiliser des tournures famillières propre à choquer l'homme repus de sa propre médiocrité, afin de lui asséner un éléctro-choc salutaire. Quand l'homme aura arrêté de ne pas comprendre et donc commencé à comprendre, l'humanité aura fait un grand pas, nous déclare en substance F. Pagny. Le couplet se termine par cette supplique déchirante: "Arrêtez d'tout casser". Quand on pense aux innombrables abris-bus ou cabine téléphonique vandalisés par des hordes de sauvageons sans scrupules ni morale, on ne peut qu'applaudir des deux mains à ce cri du coeur.

{Refrain:}
Eh vous Messieurs les plus grands
Oui vous Messieurs les plus forts
Messieurs les plus chiants
Vous qu'avez jamais tord
Oh vous les envahissants
Oui vous qui parlez trop fort
Toujours suffisants
Vous avez souvent tort
Alors laissez nous vivre not'vie
Nous les soi-disant soi-disants petits
Laissez nous respirer

Nous montons encore d'un cran dans la véhemence, l'apostrophe se fait plus précise, plus incisive aussi sous la plume scalpel de notre homme. Pour qui n'avaient pas encore compris, la cible est désignée sans détours: "Messieurs les plus grands, messieurs les plus forts". Avec un courage qui l'honore, F Pagny ose désigner l'ennemi.
Pour la petite histoire, on dit que la fin du couplet a été inspirée par, d'une part, des problèmes de voisinages que rencontrait à cette époque le philosophe et d'autres part, le complexe qu'il nourrit depuis sa plus tendre enfance vis à vis de sa taille.

3 -Y a que vous qu'êtes parfaits
Y a que vous qui savez
Alors dites-moi comment on fait
Pour pas se rencontrer
Vous et nous les petits
Nous qui n'connaissons rien d'la vie
Vous savez c'qu'on vous dit

L'ironie du style peine à cacher le mordant du propos. Les petits ne rencontrent jamais les grands, simple question de taille ? Que nenni semble répondre l'auteur, car il suffirait que chacun y mette du sien, que les grands marchent à genoux, que les petits chaussent des talons conséquents, et la rencontre pourrait enfin avoir lieu. Mais c'est sans compter sur la morgue des grands qui font la sourde oreille. D'où le courroux des petits qui peuvent parfois se laisser aller à quelques verdeurs de language que F. Pagny passe pudiquement sous silence.

{au Refrain}

Eh vous Messieurs les plus grands
Oui vous Messieurs les plus forts
Messieurs les plus chiants
Vous qu'avez jamais tort
Oh vous les envahissants
Oui vous qui parlez trop fort
Toujours suffisants
Vous avez pourtant tort.

L'estocade est enfin portée lors de ce refrain légérement modifié. Observez bien le dernier vers: toute la réponse, concentrée en quelques mots simples mais néanmoins choisis avec un remarquable à propos, se trouve là, sous nos yeux enfin déscillés par le discours salvateur de F. Pagny: Oui, messieurs les plus grands, "vous avez pourtant tort".
Qui pourrait à présent prétendre le contraire: les grands ont tort, malgré leur taille avantageuse, et Florent Pagny a raison.

Encore très jeune, F. Pagny fait déjà la une d'une revue philosophique de prestige

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2 décembre 2004 4 02 /12 /décembre /2004 00:00

Ceci est un tableau. Mais est-ce pour autant de l'art?


D'abord, qu'est-ce que l'art ? L'art c'est quelque chose de plat, de forme carré ou bien rectangulaire, plus rarement rond ou oval. Sur ce quelque chose, quelqu'un a disposé différentes couleurs pour faire joli. Cette personne s'appelle un artiste. On appelle l'objet un tableau, parfois une croûte, selon ses goûts personnels.
Quand il a finit, l'artiste contemple sa création avec un air de profonde satisfaction, puis il la pose par terre et se demande ce qu'il va bien pouvoir en faire. A ce moment, la question cruciale surgit comme un diable de sa boîte:
Pourquoi l'art?
Parce que, si on y réfléchit bien, c'est vrai quoi.
Pour quoi faire ce tableau?
Deux clans s'affrontent: les esthètes (ceux qui veulent l'accrocher au mur du salon avec un clou) et les pragmatiques (ceux qui veulent le déchirer avec un clou et le jeter à la poubelle).
Il y a bien un troisème clan, mais j'éviterai d'en trop parler car il s'agit d'un groupe de personnes que l'on retrouve partout dès lors que le sujet et grave, et qui contribue à mettre une mauvaise ambiance: ceux qui s'en foutent.
Or comment peut-on se moquer de l'Art, alors que chaque année des dizaines de personnes se blessent gravement soit en voulant planter un clou au mur, soit en voulant déchirer une toile?
Nous nous élevons donc avec véhémence contre tous ceux qui affirment que l'art ne sert à rien, alors que de toute évidence il contribue dans une proportion non négligeable au chiffre d'affaire des fabriquants de pansements et autre mercurochrome.


 

Là, pas de doute possible, il ne s'agit pas d'art.

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30 novembre 2004 2 30 /11 /novembre /2004 00:00

Moi en pleine réfléxion (l'ampoule symbolise les lumières de la philosphie qui s'abattent sur moi )

C’est une question qui préoccupe certain d’entre nous. On dit que Jeanne Calment, avant de quitter en précipitation sa maison de retraite, ne cessait de questionner le personnel de service à ce sujet. A l’inverse, certains nourrissons interrogés par mes soins sont restés parfaitement mutiques concernant le problème . Pourtant, toutes ces personnes mangent de la bouillie aux repas. On peut donc en conclure que le degré d’intérêt suscité est sans lien aucun avec les habitudes alimentaires du sujet.

Partant de ces bases solides, je me suis penché sur la question de la façon la plus objective possible. J’ai par exemple mimé la mort pendant 15 minutes pour voir ce qu’il se passerait. Je suis formel : il en résulte une grande sensation de chaleur à la joue gauche J’aurai sans doute dû choisir un autre moment que le repas, sachant que ma mère ne supporte pas qu’on fasse l’imbécile à table.

 J’ai également tenté d’entrer en contact avec un mort en faisant tourner un guéridon. Les choses se passaient à merveille et la discussion battait son plein lorsque je me suis aperçu que la radio était resté allumée.

J’envisage à présent de mettre fin à mes jours, et d’envoyer mes impressions par mail à une personne digne de confiance. Mais pas tout de suite, car il paraît que France 3 va bientôt rediffuser « Les charlots font l’Espagne » à l’occasion de la coupe du monde de foot.

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29 novembre 2004 1 29 /11 /novembre /2004 00:00

Cette ampoule, une fois installée sur un abat-jour idoine, fournit de la lumière

 

Longtemps, je me suis interrogé sur l'utilité de la lumière.

A quoi sert-elle, si ce n'est à définir les contours des êtres et des choses? Si l'on prend une boule de billard, par exemple, la lumière nous fournit des renseignements utiles sur sa forme, mais également sa couleur. Pourtant, elle s'arrête en surface, et ne nous révèle pas ce qui fait la matière même de cette boule. Est-elle creuse? Pleine? Impossible de savoir, si ce n'est en la cassant. J'ai tenté cette expérience, une fois dans une académie de billard. Par la suite, j'ai dû rembourser un jeu complet au patron de l'établissement (alors que je n'avais brisé qu'une boule) et promettre de ne jamais revenir.

Mais ce genre de brimade ne m'atteint pas. Ce qui est valable pour une boule de billard l'est également pour un cailloux, un arbre ou une entrecôte sauce marchand de vin. C'est ainsi que j’entreprit de pénétrer au plus profond des choses, dans une sorte de voyage au coeur de la matière. Ma conclusion est que bien souvent, sous les choses se trouvent en définitive la même chose, mais en moins lisse. Parfois, ca change de couleur, comme dans le cas de l'entrecôte, mais uniquement si elle est servie bleue.

J'aimerais entreprendre le même type de recherche sur l'espèce humaine, mais je n'ai jusqu'à présent trouvé aucun volontaire. L'homme se méfie instinctivement du philosophe. Parfois, il se méfie aussi de son voisin, si celui-ci arbore une mine patibulaire et émet des sons inarticulés du type "grblgl grr gfff".

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